Jugesse, peinteresse, philosophesse… Si ces formes féminines de noms de métiers sont absentes de la langue française aujourd’hui, ce fut à force d’efforts acharnés, déployés dès le XIIIe siècle, par une frange masculine et lettrée de la population. C’est dans cet élan qu’une règle de grammaire bien connue a fini par émerger : “le masculin l’emporte sur le féminin”.
Dans la langue comme dans notre société, les hommes sont considérés comme étant la norme. Pourtant, cette façon de mettre le masculin au centre en permanence n’est pas naturelle pour notre cerveau. Parce qu’elle influe sur la manière dont on perçoit la réalité, une langue aussi genrée que le français véhicule des stéréotypes aux effets bien concrets dans nos vies, et participe aux discriminations sexistes.
Véra Nikolski, autrice de Féminicène, évoque le "statut social, politique et économique des femmes. Partant du principe qu’il s’agit moins des revendications féministes que des progrès techniques et notamment médicaux, ce livre met les femmes en garde : une déstabilisation sociale due au dérèglement climatique ou à la crise des ressources pourrait remettre en cause la logique d’émancipation"