Le groupe Bolloré a amassé des milliards d’euros grâce à ses activités africaines, à la fois sous forme de remontée de dividendes et grâce aux plus-values réalisées lors des cessions d’actifs. Pour une large part, ce sont ces revenus qui lui ont permis d’acheter son empire médiatique. Même après avoir revendu ses concessions portuaires et ses activités logistiques, Bolloré est loin d’avoir quitté le continent.
Le pire du milieu. Ce jeudi, l’ONG Attac et l’Observatoire des multinationales (ODM) publient un rapport sur «le système Bolloré» pour «en comprendre les rouages et mieux le combattre». L’occasion de décortiquer l’influence du milliardaire breton, porte-voix de l’extrême droite dans l’espace médiatique, et au-delà.
Fayard, après avoir publié Xenia Fedorova, Jordan Bardella ou Sonia Mabrouk et avoir été repris d’une main de fer par Vincent Bolloré voilà plus d’un an, s’apprête à faire paraître un livre d’Alain de Benoist, chef de file de la Nouvelle Droite, courant de pensée qui cherche à défendre une identité européenne blanche, intitulé Un autre Rousseau (préfacé par Michel Onfray).
Plus de 100 organisations lance une campagne d'action contre le groupe Bolloré. Bolloré met un ensemble toujours plus grand de médias de masse à disposition d’une politique ouvertement raciste. Sur des chaînes, les Éric Zemmour, Pascal Praud et autres commentateurs radicalisés disent qu’ils œuvrent pour une mission « civilisationnelle ». Leur projet est clair : nourrir le fantasme d’une nation pure en organisant la grande remigration.
Le milliardaire (8e fortune française en 2024 avec sa famille, selon le magazine Forbes) n’a cessé de s’emparer d’un nombre croissant de médias de masse, sans compter plusieurs maisons d’édition, pour les mettre au service d’une idéologie sexiste, homophobe, écocide… mais aussi raciste et coloniale. Rien d’étonnant lorsqu’on sait que tout le parcours de cet oligarque renvoie au (néo)colonialisme le plus véhément. Car son groupe tentaculaire et son immense fortune, aujourd’hui au service d’un idéal réactionnaire, Bolloré les a bâtis d’abord en pillant l’Afrique.